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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 22:36

IV - Les suites de couches.

A - Du point de vue du séjour.

1 - Le temps d'attente entre l'accouchement et la mise en chambre.

Deux heures, c'est long pour une femme qui a accouché, qui a souffert, et qui n'a pas mangé. Pour le papa qui assiste aussi à l'ensemble, il est possible d'aller chercher un casse-croûte, mais j'ai préféré rester pour apporter, chaque seconde, une maigre participation d'un point de vue moral. Par conséquent c'est long aussi.

Quatre heures, c'est de la torture. Heureusement, pendant cette période on envoie les sms pour annoncer la nouvelle et les échanges permettent de pas trop s'ennuyer. Mais ça n'occupe qu'un quart du temps. J'ai invité ma femme à dormir un peu pour patienter. Bien qu'elle avait la petite sur elle, j'étais là pour surveiller.

Outre la fatigue et la faim, elle avait une grande envie d'uriner.
Personne dans les couloirs. il a fallu attendre qu'on vienne nous chercher pour que je demande à ce qu'on l'accompagne. En effet, moi je devais rester avec Rose et elle ne pouvait pas dans son état déambuler seule. Quelques minutes après, nous sommes amenés en chambre.

 

Le seul moment que j'ai trouvé appréciable c'est que devant la chambre, j'ai mis une nanoseconde à voir qu'on était en 1411. C'est un détail mais comme Rose est née le 14 novembre, j'ai trouvé en cet instant une espèce de confort. - Chelou le gars ! 

 

2 - Les matins.

Durant les cours de préparation à la naissance, on apprend qu'il est préférable pour un nouveau-né de le laisser se reposer. Pour cela, il faut limiter au maximum les va-et-vient, les baisses ou montées de température. Pourtant, le personnel entre une dizaine de fois entre 7h et 12h. C'est dommage, qu'ils ne pensent pas à venir à plusieurs pour limiter ces venues. Car il n'y a pas que l'enfant qui ne peut pas se reposer. Les parents non plus, surtout la mère.

 

Je pense, qu'une découpe devrait se faire comme suit :

6h30 -7h Passage de deux personnes : une pour examiner la maman l'autre le bébé.

10h15 -10h30 Passage de trois personnes, dont les deux du premier passage et la troisième pour le nettoyage de la chambre.

12 h Une personne pour le repas.

Ce découpage permettrait :

- de respecter les conseils donnés par la même équipe médicale durant la phase de grossesse,

- de permettre à la mère de se reposer.

 

Et le papa dans l'histoire ? Si le papa peut rester avec sa famille, je le conseille. Encore une fois, c'est un soutien pour la mère, la protégeant de la dépression post-natale qui arrive fréquemment. Le père se consacre à l'enfant dans tous les petits moments où la mère est occupée (repas, WC, tentative de repos). Le père peut aussi enregistrer tout ce qui se dit. La somme d'informations est conséquente et une maman fatiguée, entrain d'allaiter peut avoir des moments d'hypovigilance. Ces jours furent longs et pas très productifs. Mais la logique de l'homo-oeuconomicus ne doit pas s'appliquer dans les moments familiaux forts.

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 19:08

IV - Les suites de couche.

Introduction :

Les suites de couche, c'est le moment post-natal jusqu'à la première dizaine de jours de vie.

Ça y est c'est fait. Me voilà PAPA. Notre fille se repose sur la maman. Elle est plus jolie que ce à quoi je m'attendais même avec ces dommages causés par forceps. Manon avait encore quelques douleurs et était très fatiguée. C'est une euphémisme.

On savait qu'il faudrait attendre 2 H avant d'être accompagnés en chambre. 23h08, Rose est née, 3H nous sommes amenés en chambre. Et oui, après ce très long travail, après une journée quasiment sans eau ni nourriture et après tant de douleur il a fallu patienter longtemps. La justification ? Un manque de personnel. 

Durant les trois jours qui suivirent, tous les matins étaient ponctués par les entrées du personnel médical, pour ausculter la maman et le bébé. C'est durant ce moment qu'il y a les premières tétées, nous avons pris le premier bain et elle a eu le droit à une batterie d'examens. C'est ce que je vais vous raconter dans les prochains articles. Mais ce sera toujours du point de vue exclusif du père.

La courbe de poids était très bonne avec une très légère baisse dans les 48 premières heures. Notre enfant a pris un rythme très agréable et très rapidement, probablement grâce aux choix que nous avions faits pendant la grossesse.

Il y a eu les prises de sang, le vaccins de ma femme en raison des rhésus incompatibles, le test de dépistage préventif de la surdité, la montée de lait. Chacun des grands épisodes a connu son lot de péripéties. Je vais les reprendre de manière objective pour les faits et j'y ajouterai ce que j'ai ressenti car ces articles ont surtout pour objectif de retranscrire la place du père. (J'insiste sur ce point).

Les après-midis étaient plus calmes même si encore ponctués par des visites pas toujours bienvenues, parmi lesquels : celle du photographe, celle d'un représentant d'association, et celle d'une employée de la sécurité sociale. 

Les autres visites c'était mieux. C'était des membres de la famille, uniquement nos parents (3/5) et une part de leurs enfants (3/7). Nous avons tenté un tir groupé et les avons tous reçus le même jour (le 1er), en deux groupes, à des heures différentes, avec une petite pause d'une heure entre deux visites. Quand je dis premier jour, il faut comprendre pendant les première 24H de vie de ma fille. Puis, nous avons été visités à nouveau par une fraction de ces membres le samedi (J+3 donc moins de 72H) avant de sortir le dimanche matin. 

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 20:40

III - L'accouchement vécu par le père.

B - Le répit.

 

Une fois que la péridurale agit, c'est beaucoup mieux. La douleur n'existe plus, c'est équivalent à une anesthésie. J'ai profité de ces moments là, pour tenter de me reposer un peu. Levé depuis 5h et n'ayant rien mangé depuis 5h15 c'était difficile.

Il faut aussi vous parler des odeurs, notamment de sang séché et séchant, qui offrent un bouquets nauséabondes. Même si elle ne le sentait pas, je pris le soin de la nettoyer à 3 reprises entre les passages des sages femmes. C'est la seule participation que j'ai pu apporter activement.

 

C - L'accouchement.

 

Le vrai travail commence tard dans la soirée. L'ultime effort pour elle comme pour moi.

Pour elle, après avoir réduit les injections de péridurale, la douleur des contractions est revenue. On lui a demandé de pousser pour expulser notre fille. Après plus de 12 h de souffrance, de fatigue et de jeûne, je ne sais pas où elle a puisé l'énergie pour faire des poussées si violentes. Elle en devenait bleu violacée. Un myosotis aurait fait pâle figure.

Sous les encouragements de l'équipe médical et des miens, elle renouvela l'opération une demi douzaine de fois.

 

De mon côté, ça devenait compliqué. La fatigue, la faim, et le partage de la douleur sur le plan psychologique m'avaient affecté. J'essayais de l'encourager au mieux, de la réconforter. Je regardais aussi où en était notre fille et je ne voyais qu'une partie du crâne. L'ensemble de la scène désorientaient tous mes sens sauf le goût. La vue n'était pas géniale, les odeurs horribles, les cris des deux côtés insupportables, sa main chaude et transpirante dans la mienne, le poids de son tronc sur mon bras qui l'aidait à se lever afin d'augmenter la force de la poussée. Tout ce stress me donna mal au ventre avec une envie pressante. Et pourtant, je ne voulais pas la quitter car c'est là qu'elle avait le plus besoin. Alors j'ai serré les fesses.

Je ne me sentais pas très bien, un coup de chaud. Mais rien qui présageait que je sois véritablement malade. Et puis, le docteur avance un chariot près d'elle. Elle retire l'espèces d'alaise qui recouvrait les instruments chirurgicaux. Elle saisit deux espèces de grandes cuillères métalliques, qui auraient pu être utiles pour retourner la viande sur un barbecue. Je me suis senti pâlir. Et comme un boucher (ou plutôt une bouchère), elle usa des forceps sans aucune préparation. La souffrance était à son paroxysme alors qu'il devait rester un peu de péridurale dans les veines. Après deux trois mouvements d'effet levier qui me parurent longs, la petite Rose était dégagée. Elle eut un premier petit cri et elle fut blottie contre sa maman quelques minutes. Un infirmier pendant ce temps explique qu'il va recoudre parce qu'il y a une petite déchirure. Evidemment ça aussi ça s'est fait dans la douleur.

Théoriquement, on laisse l'enfant la première heure en peau à peau. Elle resta une dizaine de minutes sur ma femme avant d'être prise par les sages-femmes qui lui ont administré un doliprane. Il faut dire qu'on aurait pu la confondre avec l'enfant de Balboa.

Quant à moi, j'ai eu la mauvaise idée dans mon état de pré-malaise de regarder ce que faisait l'infirmier. Un tuyau violacé pendait, il le sectionne, le sang fuse. C'était trop pour moi. KO par l'usure. On me demande de m'allonger avant de faire vraiment un malaise. Je patiente au sol culpabilisant de laisser Manon seule. J'ai attendu un peu, 3 minutes environ. Et je suis allé aux toilettes me libérer d'un mal de ventre. Je suis revenu pour la fin de la suture. L'accouchement était terminé.

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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 16:37

III - L'accouchement vécu par le père.

A - L'horreur.

 

Tout le monde semble d'accord pour attribuer à la mère une sorte de médaille morale pour l'épreuve qu'elle subit. Elle est amplement méritée. Ce n'est un tabou pour personne, l'accouchement, même s'il est davantage contrôlé aujourd'hui, reste physiquement d'une rare intensité.

Nous autres hommes, nous ne pouvons pas l'imaginer. D'ailleurs, cela a même donné matière à raillerie envers nous, qui ne pourrions pas accoucher puisque nous serions à l'agonie avec un simple rhume...

Je peux me tromper mais je soupçonne que pendant le pré-travail et le travail, la douleur physique est telle qu'elle ne laisse place à rien d'autre, si ce n'est un soulagement entre chaque contraction et l'espoir que ce soit la dernière.

 

Chez moi, l'accouchement a été le troisième événement le plus douloureux de ma petite vie. Une douleur non physique qui s''exprimait physiquement.

 

14 Novembre 2018. Comme tous les matins de semaine, je me lève et me prépare pour prendre le train car je bosse en région parisienne.

Je dis au revoir à ma femme qui se plaint de douleurs (elle se plaignait souvent de douleurs ces dernières semaines et la veille, elle avait consulté aux urgences. Après chaque consultation, depuis la première échos, les lendemains étaient toujours un peu douloureux). Je n'y ai pas vu de signe précurseur.

1h45 plus tard, j'arrive au bureau et je me mets à bosser normalement, je prépare malgré tout une feuille de congé au cas où ce serait pour aujourd'hui, sans grande conviction.

9H la réunion très importante que j'attendais depuis des semaines commence.

9H30 un SMS : la perte des eaux.

Je savais qu'entre ce moment et l'expulsion de notre squatteur, il y aurait au moins une dizaine d'heures. Mais ma place était auprès d'elle.

 

J'étais rassuré, durant le trajet du retour, j'appris que ma mère était avec elle et l'avait amenée à la maternité. Elle n'était pas seule.

 

Aparté : A un quart d'heure de mon arrivée ma mère me dit que sa belle-fille souffre le martyr et qu'elle a mal pour elle. Je connais ma mère et si elle est l'une des femmes les plus merveilleuses sur terre, à qui je pourrais demander n'importe quoi, c'est aussi une des seules à qui je ne demanderais pas d'être soutenu dans la douleur. Car me voir souffrir, la rendrait malade et elle souffrirait avec moi. Je verrai sa souffrance et je souffrirais qu'elle souffre de me voir souffrir ... Bref, j'étais loin d'imaginer ce qui m'attendait.

Mon père était là, en bas et m'attendait. Je me souviens des cours de préparation à l'accouchement, je m'oriente sans stress vers les locaux, je m'habille suivant le règlement et mon père m'indique la bonne chambre. Je tape et j'entre. Dans les yeux de ma mère un soulagement, dans les yeux de ma femme, je n'ai pas pu lire de sentiment accueillant ma venue.

Pourtant, habituellement en un regard, je sais si elle est triste, contente, ravie, soulagée. Mais là, à cet instant précis, rien que mon entrée provoqua. Tout ce que j'ai pu lire, c'est la douleur et la détresse. La même détresse qu'on peut voir dans les yeux d'un animal, à l'abattoir, qui sait sa fin proche. La même douleur qui dégarnit et torture l'âme de l'impuissant, face à un visage aimé qui s'altère, qui gonfle, qui se défigure, qui se déforme, s'écorche, et se distord. C'est ce visage du patient en phase terminale.

Lorsque ma mère ferma la porte, je me suis retrouvé seul et impuissant face à Manon, désolé de son état, avec une envie de lui demander pardon. Et puis, une seconde a suffit, une contraction revenait et je devais être là. Je la pris par la main pour tenter de l'accompagner, pleinement conscient que sur l'instant de la douleur, j'étais à la fois là et pas là pour elle. Absent car la douleur m'occultait mais présent psychologiquement.

Elle n'était pas seule. Je ne souffrais pas physiquement. Pourtant intérieurement, mon coeur battait si vite, mon estomac se nouait comme si j'étais celui qui était contraint de la torturer. Des cris, des injures, des larmes et elle s'asséchait. Le manque d'humanité aussi, pendant les premières heures, on se serait presque cru à Ales, trois ans plus tôt.

Le moment béni de la péridural arriva. Tant attendue, avec des effets prometteurs en quelques minutes, d'après ce que ma femme avait pu lire... Mais le sort en décida autrement, la souffrance se poursuivit deux heures de plus.

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 20:53

II - La paternité virtuelle

B - La pré-paternité : de la découverte de la grossesse à l'accouchement.

3 - Le reste de la grossesse.

Du quatrième au dernier mois, ce fut très certainement une métamorphose. Au petit soin pour un ventre. Pas n'importe lequel, celui qui portait l'enfant vers lequel je me suis obligé. Oui, je suis débiteur. C'est comme ça que je vois en partie ma paternité. On ne fait pas un enfant pour les autres mais on ne le fait pas pour soi non plus. Un enfant, ça ne nous appartient pas. Ce qui nous appartient c'est son apprentissage.

 

Débiteur donc, mais pas que. J'étais attentionné, je veillais à ce que la grossesse se passe le mieux possible, j'étais aussi très chiant en rappelant tous les jours les mêmes choses. Depuis le début, et même après l'épisode de l'accouchement, mon plus grand regret est le fait de ne pas avoir pu porter l'enfant. Car au final, c'est la mère qui a toujours le dernier mot. J'ai la chance d'avoir une femme qui m'a, non seulement, beaucoup écouté mais qui surtout était alignée avec pas mal de mes principes concernant la conception de l'enfant. Une grossesse avec une diversification alimentaire, avec des privations également d'ordre alimentaire, et avec une seule prise médicamenteuse.

 

Nous avons travaillé sur le choix des prénoms qui a une importance capitale pour l'enfant. Le prénom joue de nombreux rôles dans l'identité de l'enfant. C'est d'abord son identité, c'est ensuite un indicateur relativement fiable de la provenance sociale et donc du déterminisme social, bien que ce ne soit pas une fatalité.

L'herméneutique du prénom a également un rôle déterminant dans la vie. Le choix du prénom ce n'est pas seulement la rencontre des goûts des parents. Certes on ne saurait donner un prénom que l'on n'aime pas, cependant ce doit être avant tout une alchimie entre la préférence des parents, les intérêts de l'enfant, l'addition au nom, l'époque dans laquelle nous vivons et l'histoire personnelle qui entoure le prénom. Je n'appelle pas mon fils Victor juste parce que je suis fan de Newman et que maman aime le prénom...

 

La magie a également opéré pour moi. J'ai senti les premiers coups. J'ai donc commencé à dialoguer avec le fœtus. Je parlais et ça stimulait la vie en ma femme qui se manifestait par davantage de coups. Une phrase rituelle pour créer un stimulus.

Dans le dernier trimestre, j'ai lâché la bride et nous avons profité de l'été pour faire les achats. Mais, j'ai vraiment essayer de favoriser l'essentiel et de renoncer au compulsif.

 

J'ai également participé à l'ensemble des examens sauf le rendez-vous avec l'anesthésiste (10 min) et un rendez-vous hors programmation (pour être rassurée). Nous avons également suivi les cours de préparation à la naissance. Personnellement, je n'en retire pas un gros bénéfice si ce n'est être conforté dans ce que je pensais. Je voulais que nous apportions une éducation et une présence parentale la plus proche possible du règne animal. Encore une fois, je n'avais pas une femme réfractaire bien que tout ce à quoi je pensais n'a pas pu être mis en œuvre. Tout ces choix ont été discuté avant la naissance mais je ne vous en parlerai qu'après avoir relaté l'épisode de l'accouchement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 15:44

II - La paternité virtuelle

B - La pré-paternité : de la découverte de la grossesse à l'accouchement.

2 - Le premier trimestre.

Ça parait étrange et pourtant chez moi ça implique énormément. Je ne porte pas l'enfant, cependant je me sens tout de même investi d'une mission. 

D'abord, je continuais mes témoignages d'amour. Ils sont essentiels à l'état psycho-sentimental de la femme et donc probablement plus chez la femme enceinte.

C'est con à dire mais de manière schématique ça donne : 

Femme enceinte soutenue = femme heureuse = baisse du stress et des inquiétude = bonheur et ou joie de madame = grossesse sereine = bébé satisfait.

Il a également été convenu, à coup de dialogue, de ce qui est faisable ou non, consommable ou non. Je ne suis pas devenu un larbin, non ! Elle est restée très autonome avec une aide pour tout ce qui est un peu plus physique (même porter des charges dérisoires celles supérieures ou égales à 5 kilos).

Une femme enceinte ne doit pas rester sur le canapé toute la journée (sauf s'il y a un risque caractérisé pour le bébé).

L'alimentation se devait d'être la plus variée possible et il fallait pallier aux carences.

Les rapports sexuelles étaient délicats et lents. Il faut attendre au moins que l'embryon soit bien accroché pour être un peu plus vigoureux.

Le plus compliqué était de s'attacher émotionnellement à la vie qui faisait son chemin dans le ventre de ma femme. En effet, statistiquement, les trois premiers mois de grossesses sont ceux où le risque d'une fausse couche est plus important. Je ne voulais pas aimer un embryon au risque de ne pas pouvoir soutenir ma femme en cas d'arrêt de la grossesse. Car les femmes ont cet instinct qui passe de la virtualité à l'actualité le jour où elles apprennent leur grossesse. Et cet instinct les pousse à aimer de manière indéfinie et indicible l'amas de cellules qui se développent. Plus la grossesse avance plus elles sentent et ressentent de choses. Et nous, nous ne voyons parfois que ce ventre qui grossit comme pendant chaque hiver au moment des raclettes.

Il y a aussi des applications qui assistent la grossesse en donnant des tas d'informations et qui offrent des images de synthèses de ce à quoi ça ressemble. Ma femme a très vite vu un petit humain. Avec froideur, je n'ai jamais caché ce que je pensais par amour protecteur pour elle. Là où elle vit un bébé, je vis d'abord un rond, puis un pois. Là où elle distinguait un humain en formation, je voyais un têtard. Le stade suivant est différent. Manifestement, ce n'est plus informe. On voit une vie d'origine animal, mais toujours pas le petit bébé, mais plutôt un petit alien comme le film "Alien : Covenant" de Ridley Scott.

Conventionnellement, ça ne se fait pas. Mais je l'ai fait tout en étant très excité de voir l'évolution et de savoir que petit à petit cette créature ressemblerait à un membre de mon espèce.

Ca ne fait pas de moi le mec idéal .. 

Telle était ma contribution pour ces trois premiers mois : j'ai assisté à l'ensemble des échos, j'éprouvais de l'amour pour ma femme, je lui venais en aide quand j'étais là, et un détachement sentimental profond pour ma progéniture. J'avais le comportement d'un bon mari mais certainement pas d'un bon père. J'ai troqué une partie de la magie de la grossesse contre l'assurance d'une capacité à faire face aux terribles possibilités. Et je ne regrette rien. D'abord parce que c'est du passé et que ça ne changera pas, ensuite parce que j'ai agis selon ce qui me semblait le plus sage.

 

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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 21:05

Le coaching est une activité professionnelle, il ne faudrait pas aider gratuitement... La gratuité n'intervient réellement qu'au début de la relation avec un « prospect » pour reprendre le terme d'un coach. Il faut donner pour recevoir...

Cette gratuité est relative. La tendance veut qu'une première formation sur un thème précis soit donnée gratuitement en échange d'une adresse mail. C'est une technique d’hameçonnage espérant qu'un poisson morde. Sauf que par la suite, le prix, que l'on conseille de tirer vers le haut, est sensé rembourser l'investissement (en temps le plus souvent) pour la création de la dite formation.

 

Étant contre ce genre de méthode, je propose une alternative. Le préceptorat amical (je pourrais dire amical coaching, mais je suis pour l'usage du français et pour éviter celui de l'anglais). Est-ce gratuit ? Non. Ce serait trop simple. Mais j'ambitionne d'être beaucoup moins cher sans être low cost. Le principe est simple. L'amitié est une relation entre deux personnes. L'amitié comme je le disais doit mener, selon une antique vision, au bonheur (voir les autres articles). Or grâce au préceptorat amical, mon ami (qui serait un « vulgaire » client pour coach) reçoit de ma part des conseils, des éclairages sur des questions métaphysico-ésotérique. N'ayant pas le don d'ubiquité, si je suis avec mon ami en train de l'aider à cheminer spirituellement, je ne suis pas en train de produire une richesse extérieure. Par amitié, l'ami se doit de compenser. La magie du système c'est qu'il n'y a pas forcément un prix en devise à payer. Ce peut être un service rendu, une invitation à manger, à sortir.. En somme une sorte de troc. Pour cet ami qui ne s'est pas comment rendre l'ascenseur et pour qui c'est plus simple de payer alors disons 50 euros à 70 euros. C'est le prix d'un bon restaurant formule complète.

Je ne vois pas mes amis comme des clients. Je ne me vois leur demander des centaines d'euros pour parler... Je laisse ça aux psy...

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 09:10

II - La paternité virtuelle

B - La pré-paternité : de la découverte de la grossesse à l'accouchement.

1 - Découverte de la grossesse.

Pour recadrer les choses, j'étais sur la fin de ma vingt-cinquième année. Je venais de réussir mon concours et j'avais un boulot depuis quatre mois. Je n'ai donc pas vécu grand chose, avant ça, j'étais étudiant, encore avant ado, et enfant et nourrisson. Un parcours très commun n'est-ce pas ?

Déjà lorsque notre désir se manifesta, on savait qu'il faudrait argumenter car jugés trop jeunes. Pourtant biologiquement, ce n'est pas une affaire d'âge. D'un point de vue civilisationnelle, ce n'est ni trop vieux ni trop jeune sans pourtant être dans la moyenne. Alors qui pourrait juger ? Les proches. 

Le regard des autres, je ne m'en préoccupe pas. C'est un autre débat. 

 A l'aube de mes 26 ans, ma femme m'annonce la nouvelle. Comment ? C'était proche (en jour) de mon anniversaire. Et en rentrant du boulot, une surprise devait m'attendre dans le meuble. "Avoir un polichinelle dans le tiroir" a pris tout son sens lorsqu'en l'ouvrant, deux ballons (un bleu, un rose) se trouvaient de part et d'autre d'un ourson en peluche, posé sur un joli plaid, qui tenait un test de grossesse positif. 

J'ai vécu très étrangement cette phase. D'abord, il y a eu l'annonce qui était à la fois surprenante car je ne savais pas qu'elle était enceinte et à la fois sans surprise. Ascenseur émotionnel. Une question vient "c'est vrai ?". Et puis c'est la joie immense. Mais pourquoi ? Est-ce parce qu'on est fertile ? Est-ce parce qu'on contribue au projet de la nature ? Est-ce parce qu'un projet est en voie de concrétisation ? C'est un peu tout ça à la fois. Mais pour moi ça a surtout été le bonheur de créer, de dupliquer une partie de moi. L'enfant est comme une extension de soi, un espoir de consécration.  "Dans un an moins le quart, à trois nous rentrerons".

Et puis, très vite, parmi pléthore de sentiments, une inquiétude : que dois-je faire pendant ces neuf mois ?

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4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 19:46

II - La paternité virtuelle.

 

Un arbre existe virtuellement en chaque graine. C'est à dire qu'il existe potentiellement mais il n'est pas actuellement un arbre. Il en va de même pour la paternité. On pourrait donc parler de pré-paternité.

 

A - L'acte sexuel.

 

Nous nous intéressons, ici, à l'acte avec l'ambition d'engendrer. Le projet de fonder une famille se voit confronter à différentes réalités. En premier lieu, ce qui se passe chez les autres. On a des parents heureux, des parents dépassés, des parents qui ne le sont que juridiquement, des parents-enfants, des parents préparés et d'autres pas. Ensuite, il y a la réalité économique qui tempèrent les projets. Sommes-nous en mesure ou non d'assumer la charge financière que représente un enfant, sans être obligés de se priver ou de le priver. Et finalement, il y a notre Ego. Sommes-nous prêts à faire preuve d'abnégation ? Sommes-nous conscients et prêts aux sacrifices ?

Une fois que tous ces facteurs sont abordés avec sérénité, alors on peut mettre la machine en marche.

 

Faire l'amour revêt ici un caractère bien différent. Il y a faire l'amour par amour pour assouvir un désir charnel, partager un moment de synergie qui, en soi, suffit à l'engendrement. Et puis, il y l' accouplement pour engendrer. Ce qui est différent de faire l'amour pour avoir un bébé. Dans ce dernier cas, je pense que les couples désireux d'enfanter le désir avec trop d'ardeur. Le problème c'est le trop ! L'excès n'est jamais bon, et il se peut qu'il crée une barrière mentale en provoquant trop de stress. Il est possible aussi que tous les facteurs n'aient pas été médités.

L'accouplement pour engendrer, ce n'est pas commencer l'acte en se disant essayons d'avoir un enfant. C'est mettre en commun un moment charnel et dans ce partage communiquer notre envie.

 

Évidemment, tous les enfants ne naissent pas ainsi et c'est bien dommage. Car si aucune étude ne pourra peut être jamais le prouver, toutes les portes de l'Amour sont ouvertes pour accueillir la graine.

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 08:19

 

Dans le cadre simple de ma scolarité,

J'ai fréquenté les bancs de l'université.

Durant le deuxième cycle d'enseignement,

Je dus participer à des événements :

Journées d'étude et colloques et conférences.

Celles-ci m'ont considérablement marqué,

Surtout la première où j'ai soliloqué !

Permettez-moi de livrer cette confidence :

 

L'espoir de voir des portraits poupins de pépées

Choit tel ce mouchoir de morve ocrée d'un pépé.

Il faut dire que je pensais m'être trompé,

Hélas non ! Nous devions tous être regroupés.

C'est là que j'ai senti un très profond malaise.

J'étais un surgeon parmi des fruits desséchés ;

Un produit brut et bio entouré de prothèses,

Mais qui, assurément, connaîtrai leur nocher[1].

 

Certains aidés de canne choppaient malgré tout.

Émaciés, racornis, des faciès sans atout ...

... Des fronts mortaisés et puis des fausses quenottes

Et portaient des défroques - bérets et calottes ...

Cocktail d'odeurs aussi - le tabac, le Lancôme,

Le café, la chiclette mentholée, le rance,

Le make-up, l'eau de Cologne et l'incontinence,

La laque, l'ammoniac, l'arnica et le baume.

 

Outre un espoir déçu, j'étais très tracassé :

Et si un petit vieux se mit à convulser  

Ou que par un infarctus, il fut terrassé ?

Hormis ces morbides tourments, j'eus à penser :

- La possible décontraction intestinale

Prouve qu'une déconfiture du système

Répand une infecte compote abdominale,

Qui alors, aurait fait office de Saint Chrême. -

 

Aux questions d'angoisse et la pensée dégueulasse

A suivi une curiosité sagace.

Pourquoi, diantre, sont spectateurs tous ces aïeuls ?

Ont-ils le choix entre "la mort ou les glaïeuls" ?

Là, pour écouter un orateur deviser

Sur comment se nourrir en deux mille cinquante,

Alors que certains alimenteront les plantes,

Ou seront mis en bière avant de s'embraser !

 

C'est un filon exploité par le firmament !

La part des seniors, semblait tenir des géants,

Multi-coudés par la masse de leurs printemps.

Ha ! Ils se tenaient en selle sur le néant ;

Un pied dans la salle et puis un pied dans le sol.

Ces gens blanchis, par le mouvement, sont occis.

Mais pourtant ces seniors sourient au rossignol,

Rassérénant ainsi mes tourments endurcis.

 

A force de vols et de chants, il nous convie ;

Le rossignol enchante la mort et la vie.

Le poète chante et puise ce qu'il subit

Dans l'attente épuisée que la vie s'estourbit[2].

On peut voir à travers les nombreuses travées[3],

Un épouvantableuet[4] de décrépitude,

Dont l'étiolement fatal frappe l'attitude

De tout ce qui peut penser l'ultime arrivée.

 

Le mouvement est farceur, il clôt le volet

Sur les miroirs, quand le souffle s'en est allé.

Le temps ce n'est rien, vieillir c'est être bouclé.

La mort ce n'est rien  et le Grand Age c'est laid.

Je n'ai pas peur ni du Temps ni de la Levée,

Mon corps paiera ses dettes, c'est indiscutable.

Et maintenant, ma confidence est achevée ;

'fin, jusqu'à la prochaine, c'est inévitable !

 

[1]  Nocher : Pilote, conducteur de navire.

[2] Double sens : assommer ou tuer / et qui étonne profondément.

[3]  Rangée de bancs, sièges et tables / mais aussi les rangées de vers.

[4]  Mot valise formé de "épouvantable" et de "bleuet", récupérant (et renforçant) la symbolique de la fleur notamment la délicatesse (en fragilité), la solidarité (en interdépendance), messager de tous les sentiments délicats et naïfs (en porte-malheur, annonciateur de sentiments lugubres).

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