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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 19:51

Lorsque je publie un article relevant du développement personnel, j’associe sur mon blog l’image d’un tourbillon. Ce n’est pas anodin. Pour moi, le tourbillon représente l’évolution, qu’elle soit ascensionnelle ou régressive. C’est un symbole de puissance et un phénomène irrésistible. Ce caractère impérieux sous-entend que l’évolution n’est pas du fait de l’homme, il ne la contrôle pas. La force du mouvement tourbillonnaire est supérieure. C’est la spiritualité.

 

Le tourbillon (qu’il soit spirale simplement, cyclone ou maelstrom) peut être de deux types :

1 - les extrémités s’approprient l’environnement et se referme sur le moi (l’œil), ce que j’appelle le tourbillon intériorisant.

2 - le centre libère une énergie qui rayonne vers les extérieurs, ce que je nomme le tourbillon extériorisant.

 

Le tourbillon intériorisant, c’est l’expression du tumulte de votre intériorité. C’est l’égo et le flux de sentiments négatifs sans cesse circulant en vous. Une énergie négative qui amène la négativité. Il s’agit de tous ceux qui vivent ailleurs que l’ici et le maintenant. Ils attirent à eux ce qu’ils sèment. C’est peu ou prou la fameuse loi de l’attraction. Je reviendrais sur la notion.

Vous êtes l’œil de votre cyclone. C’est à vous de faire tourner cette énergie dans l’autre sens.

 

L’autre sens, c’est lorsque le centre est si énergétiquement puissant qu’il « contamine » son environnement. Lorsque l’on choisit d’inclure une dose de spiritualité dans sa vie, sans forcément se faire moine, l’œil du cyclone peut inverser la tendance et se mouvoir en tourbillon extériorisant.

Les préceptes du coaching agissent bien comme un ouragan, ils font tournoyer nos croyances et sentiments actuels, les font s’envoler pour laisser place à un terrain vierge ou pour planter les graines du changement.

 

J’ai choisi un tourbillon d’eau et pas n’importe lequel. Il peut se voir au Japon sous le pont Naruto. Ce tourbillon porte le même nom. Naruto, pour ceux et celles qui ne connaissent pas est aussi un manga. Selon moi, le meilleur depuis l’avènement du club Dorothée. Il fera également l’objet d’un article.

Ce manga a été l’une de mes sources d’influences et a été pour moi l'élément spirituel qui renforça l'oeil de mon cyclone.

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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 23:25

Il y a déjà très longtemps que j’ai une idée fixe sur ce thème.

 

La réflexion est née en 2009. Le jour de la photo de classe. En plus c’était pendant le cours de philo. Ça m’a donc fait doublement chier.

 

Cependant, je n’avais pas le choix. Sur le trajet, entre la salle et la cours, j’ai eu le droit à un cours de sagesse gratuit suivant la méthode antique. Ça c’était fun. Et puis, me voyant contrarié, Didier, mon prof, m’interrogea. Et je lui expliquai en substance ceci :

 

Je n’aime pas la photographie. Je suis même contre la photo.

 

D’abord, parce que je trouve que j’ai une tête de con dessus. Mais surtout parce que je ne trouve pas ça naturel. Le principe de faire un arrêt sur image du temps alors qu’il est censé s’écouler sans cesse me semblait malsain, sans que je sache l’expliquer vraiment. Il me semble que c’est comme refuser l’écoulement du temps et le fait que tout prend fin. La photographie permet d’immortaliser et par là, elle peut, peut-être, rassurer les gens face à la mort.

Ensuite, parce que l’on attribue à la photo un rôle de sauvegarde de la mémoire. Or, justement capturer un instant, c’est permettre au cerveau de l’oublier, de le ranger quelque part et de ne s’en souvenir qu’au moment de retomber sur la dite photo. On se prive de se souvenir consciemment.   

 

D’ailleurs dans le jargon on dit « capturer un instant », capturer est liberticide. Quelle liberté tue-t-on ? Je ne mets pas encore de mot dessus.

 

Pourtant la photo artistique, ça j’aime. Je ne suis pas opposé à l’Art. La photo, qui nous permet de découvrir sous des angles différents la même chose, n’est qu’une poésie simplifiée.

 

En plus de ça, vous savez (lui dis-je), je pense que c’est très hypocrite. On se force à sourire alors que l’on ne le souhaite pas forcément. Aujourd’hui on vend la possibilité de se souvenir de sa classe mais combien d’entre nous resterons en contact ? Les relations, ça va ça vient. En fait, c’est surtout le moyen de tirer malhonnêtement de l’argent de ses élèves.

Les photos de famille, c’est un peu la même chose. Ça prend l’instant indépendamment de ce qui se passe avant et après. Comme ci, le bonheur n’était pas possible, et qu’il fallait à tout prix le capturer, pour qu’il existe au moins virtuellement.

 

Enfin, pour moi la photo, c’est aussi une cause de souffrance. Se souvenir d’un moment heureux, de manière instantané, sans cultiver la philosophie du souvenir, peut faire naître des sentiments de nostalgie voire de tristesse.

 

 

Voilà ce que je pensais jadis, à 17 – 18 ans.

 

 10 ans plus tard, je ne regrette pas le boycott de l’achat des photos de classe. Il faut dire qu’en plus j’avais raison. Entretenir des relations est un combat que nous perdons à coup sûr si l’on est seul. Pour le reste, ma position a effectivement évolué.

D’abord, bien que je sois toujours en phase avec ce que je pensais, je me fiche que ce ne soit pas naturel. Ça existe, alors faisons avec et tentons de la « moraliser ».

La photo est un bon moyen d’aider à développer le souvenir grâce aux détails. J’aime beaucoup les photos de l’instant, celle qui garde un sourire vrai, celle qui immortalise un moment non mis en scène. La vérité d’une photo c’est ce qu’il y a de plus beau.

Je n’ai plus rien à faire que le concept est de figer le temps car vous l’aurez compris maintenant : réfutant son existence, on ne peut pas figer ce qui n’existe pas. Le mouvement lui est perpétuel, et le cliché nous le rappelle.  

 

Je m’adonne parfois à des séances forcées de selfies : je me prends au jeu pour accepter de « capturer un instant » mais ça ne dure hélas que quelques minutes. Au bout de 5 tentatives, je ronchonne. Conscient que nous ne pensons pas tous pareil, j’accepte, sans mot dire, les photos et j’affiche un sourire travaillé que je peux garder le temps d’une vidéo.

J’utilise aussi Instagram, qui par essence se veut le réseau de partage d’images et photos. Je peine à l’alimenter.

Enfin, une nouvelle idée me vient au moment où j’écris. Cet engouement pour la photo a permis la création d’un marché. Ca a créé concomitamment un besoin chez certains, poussant à la consommation de bien onéreux. Je pense notamment au téléphone qui concurrence aujourd’hui certains appareils photos. Les consommateurs ne recherchent plus un téléphone mobile avec caméra/appareil photo, mais un appareil photo avec l’option appel et sms. Ils déboursent des fortunes pour des mobiles qui associent super qualité de pixellisation, batterie longue durée, capacité de stockage hors norme. Ils deviennent esclaves de leur besoin, se refusant le retour à un smartphone moins doté.

 

Pire encore, je soupçonne un manque de présence pour de nombreux jeunes utilisateurs. Ils peuvent s’y prendre à plusieurs fois pour photographier et, ce souci d’apparence parfaite les détourne de vivre pleinement l’instant présent avec toutes ses richesses que nul appareil ne pourra jamais sauvegarder.

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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 20:33

De l'aube à la nuit, elle pense à moi.

Moitié d'un couple, c'est ce que je suis.

Suivant toujours mon parcours, elle a foi,

Foisonnant d'amour pour ce que je suis.

 

Mon bonheur est son seul souhait,

Aimant sans condition ses enfants.

Fendant les mers, s'il le fallait,

Laisserait-elle un fin sourire triomphant !

 

Voilà sommairement un jet de son portrait.

Très grande femme de coeur, ma maman,

M'envoie son énergie qui toujours m'attrait.

Traîneur de son âme elle est mon courant.

 

Je n'aurais sûrement jamais assez de mots :

Modèle, Pilier, Gardienne et Soutien...

Tiens, voici quelques vers de ton marmot,

Motivé pour te dire que je t'aime ; de rien.

 

C'est pour fêter le jour de ta naissance,

Censé nous réunir, que j'écris ce poème.

Poème discret dont tu es l'essence,

Sans s'oublier de te redire "je t'aime".

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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 23:15

D'abord une inconnue parmi la foule, 
Elle devient une forte houle. 
Je vous narre ce petit conte 
Longtemps, dans mes écrits, laissé pour compte.

 

De mon côté, ça ne fut pas le coup de foudre,
En eaux troubles, je dus m'absoudre. 
Mais mon amour est un firmament,
Ça brille dans l'instant et plus longtemps.

 

Jeune, pétillante et charmante, 
Son visage aux traits fins feint l'amitié.
Déjà raide dingue, l'adolescente 
Savait que j'étais sa moitié. 

 

Outre une plastique, elle a de l'esprit,
L'esprit divin est d'humeur béatique :
A qui se dit être "un mec en or", il sourit
M'offrant un diamant pharaonique.

 

Moments insolites et insouciants,
Regain d'une jeunesse trop vite perdue
Quelle ivresse d'être éperdue,
Engendrant bonheur et alchimie alliciants.

 

Tous les ans, ce jour ne connaît pas la routine :
Au loin par téléphone ou par le jeu des phares,
Au cinéma, au resto, Elle : fût-et-fare,
L'An dernier en arrêt, cet an avec tétine.

 

Nous cheminons de concert depuis six années,
Traversant de nombreux milieux.
Nous nous portons désormais vers des lieux, 
Où l'amour fécond ne veut pas flâner.

 

Et je la découvre toujours,
J'apprécie sa fibre maternelle tous les jours. 
Le p'tit clan s'agrandit et grandira encore,
Faisant de l'Alfa un papa en or.

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 22:36

IV - Les suites de couches.

A - Du point de vue du séjour.

1 - Le temps d'attente entre l'accouchement et la mise en chambre.

Deux heures, c'est long pour une femme qui a accouché, qui a souffert, et qui n'a pas mangé. Pour le papa qui assiste aussi à l'ensemble, il est possible d'aller chercher un casse-croûte, mais j'ai préféré rester pour apporter, chaque seconde, une maigre participation d'un point de vue moral. Par conséquent c'est long aussi.

Quatre heures, c'est de la torture. Heureusement, pendant cette période on envoie les sms pour annoncer la nouvelle et les échanges permettent de pas trop s'ennuyer. Mais ça n'occupe qu'un quart du temps. J'ai invité ma femme à dormir un peu pour patienter. Bien qu'elle avait la petite sur elle, j'étais là pour surveiller.

Outre la fatigue et la faim, elle avait une grande envie d'uriner.
Personne dans les couloirs. il a fallu attendre qu'on vienne nous chercher pour que je demande à ce qu'on l'accompagne. En effet, moi je devais rester avec Rose et elle ne pouvait pas dans son état déambuler seule. Quelques minutes après, nous sommes amenés en chambre.

 

Le seul moment que j'ai trouvé appréciable c'est que devant la chambre, j'ai mis une nanoseconde à voir qu'on était en 1411. C'est un détail mais comme Rose est née le 14 novembre, j'ai trouvé en cet instant une espèce de confort. - Chelou le gars ! 

 

2 - Les matins.

Durant les cours de préparation à la naissance, on apprend qu'il est préférable pour un nouveau-né de le laisser se reposer. Pour cela, il faut limiter au maximum les va-et-vient, les baisses ou montées de température. Pourtant, le personnel entre une dizaine de fois entre 7h et 12h. C'est dommage, qu'ils ne pensent pas à venir à plusieurs pour limiter ces venues. Car il n'y a pas que l'enfant qui ne peut pas se reposer. Les parents non plus, surtout la mère.

 

Je pense, qu'une découpe devrait se faire comme suit :

6h30 -7h Passage de deux personnes : une pour examiner la maman l'autre le bébé.

10h15 -10h30 Passage de trois personnes, dont les deux du premier passage et la troisième pour le nettoyage de la chambre.

12 h Une personne pour le repas.

Ce découpage permettrait :

- de respecter les conseils donnés par la même équipe médicale durant la phase de grossesse,

- de permettre à la mère de se reposer.

 

Et le papa dans l'histoire ? Si le papa peut rester avec sa famille, je le conseille. Encore une fois, c'est un soutien pour la mère, la protégeant de la dépression post-natale qui arrive fréquemment. Le père se consacre à l'enfant dans tous les petits moments où la mère est occupée (repas, WC, tentative de repos). Le père peut aussi enregistrer tout ce qui se dit. La somme d'informations est conséquente et une maman fatiguée, entrain d'allaiter peut avoir des moments d'hypovigilance. Ces jours furent longs et pas très productifs. Mais la logique de l'homo-oeuconomicus ne doit pas s'appliquer dans les moments familiaux forts.

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 23:06
La douche est une des plus belles inventions. Les variables du jet peuvent offrir un moment relaxant même si peu de personnes prennent effectivement la décision de s'en servir, par manque de temps dit-on.
 
La douche serait plus économique que le bain. Tout dépend évidemment du débit utilisé et de la durée de la douche. Mais en moyenne, elle est effectivement plus écologique et plus économique. Elle est aussi plus hygiénique. En effet, le bain est une eau stagnante qui garde nos impuretés dans lesquelles nous baignons. Sauf si on se baigne après une douche.
 
Du moment de la douche :
Pendant longtemps, je prenais deux micro-douches par jour, voire trois en été. J'aime me sentir propre. Cependant des études montrent que ce n'est pas conseillé pour la santé. Le "trop propre" aurait un effet sur notre système immunitaire.
Je veux bien l'entendre et mon porte-monnaie aussi.
 
Certains sont pour la douche du matin, partir frais et propre pour la journée. Et le soir, pas de douche ni forcément de rafraîchissement.
 
Pour d'autres, c'est l'inverse. Pas de douche le matin voire pas de petite toilette du tout. Par contre une bonne douche le soir. Je suis de cette école. Voilà comment je justifie la chose :
Le matin, une petite toilette à l'ancienne est nécessaire. La nuit, on sue. La journée, il y a aussi la sueur et la pollution mais aussi l'ensemble des microbes ce qui justifient, à mon sens, la douche du soir.
 
Douche froide et douche chaude :
 
De plus en plus, la douche froide est plébiscitée pour ses bien-faits : détente musculaire, favorise la spermatogenèse, participe à la défense immunitaire, participe à la perte de poids...
 
L'eau chaude réchauffe, offre sur l'instant un bien instantané, un soulagement et aide à l'endormissement.
 
D'un point de vue naturel, l'eau chaude existe rarement (sources chaudes) alors que l'eau froide se trouve à foison. Par conséquent, sans étude scientifique, je pense que la douche froide est plus intéressante. Par douche froide, j'entends inférieure à 20°. J'ai beaucoup de mal à m'y mettre. Généralement je l'expérimente lorsque la météo s'y prête.
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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 19:08

IV - Les suites de couche.

Introduction :

Les suites de couche, c'est le moment post-natal jusqu'à la première dizaine de jours de vie.

Ça y est c'est fait. Me voilà PAPA. Notre fille se repose sur la maman. Elle est plus jolie que ce à quoi je m'attendais même avec ces dommages causés par forceps. Manon avait encore quelques douleurs et était très fatiguée. C'est une euphémisme.

On savait qu'il faudrait attendre 2 H avant d'être accompagnés en chambre. 23h08, Rose est née, 3H nous sommes amenés en chambre. Et oui, après ce très long travail, après une journée quasiment sans eau ni nourriture et après tant de douleur il a fallu patienter longtemps. La justification ? Un manque de personnel. 

Durant les trois jours qui suivirent, tous les matins étaient ponctués par les entrées du personnel médical, pour ausculter la maman et le bébé. C'est durant ce moment qu'il y a les premières tétées, nous avons pris le premier bain et elle a eu le droit à une batterie d'examens. C'est ce que je vais vous raconter dans les prochains articles. Mais ce sera toujours du point de vue exclusif du père.

La courbe de poids était très bonne avec une très légère baisse dans les 48 premières heures. Notre enfant a pris un rythme très agréable et très rapidement, probablement grâce aux choix que nous avions faits pendant la grossesse.

Il y a eu les prises de sang, le vaccins de ma femme en raison des rhésus incompatibles, le test de dépistage préventif de la surdité, la montée de lait. Chacun des grands épisodes a connu son lot de péripéties. Je vais les reprendre de manière objective pour les faits et j'y ajouterai ce que j'ai ressenti car ces articles ont surtout pour objectif de retranscrire la place du père. (J'insiste sur ce point).

Les après-midis étaient plus calmes même si encore ponctués par des visites pas toujours bienvenues, parmi lesquels : celle du photographe, celle d'un représentant d'association, et celle d'une employée de la sécurité sociale. 

Les autres visites c'était mieux. C'était des membres de la famille, uniquement nos parents (3/5) et une part de leurs enfants (3/7). Nous avons tenté un tir groupé et les avons tous reçus le même jour (le 1er), en deux groupes, à des heures différentes, avec une petite pause d'une heure entre deux visites. Quand je dis premier jour, il faut comprendre pendant les première 24H de vie de ma fille. Puis, nous avons été visités à nouveau par une fraction de ces membres le samedi (J+3 donc moins de 72H) avant de sortir le dimanche matin. 

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 20:40

III - L'accouchement vécu par le père.

B - Le répit.

 

Une fois que la péridurale agit, c'est beaucoup mieux. La douleur n'existe plus, c'est équivalent à une anesthésie. J'ai profité de ces moments là, pour tenter de me reposer un peu. Levé depuis 5h et n'ayant rien mangé depuis 5h15 c'était difficile.

Il faut aussi vous parler des odeurs, notamment de sang séché et séchant, qui offrent un bouquets nauséabondes. Même si elle ne le sentait pas, je pris le soin de la nettoyer à 3 reprises entre les passages des sages femmes. C'est la seule participation que j'ai pu apporter activement.

 

C - L'accouchement.

 

Le vrai travail commence tard dans la soirée. L'ultime effort pour elle comme pour moi.

Pour elle, après avoir réduit les injections de péridurale, la douleur des contractions est revenue. On lui a demandé de pousser pour expulser notre fille. Après plus de 12 h de souffrance, de fatigue et de jeûne, je ne sais pas où elle a puisé l'énergie pour faire des poussées si violentes. Elle en devenait bleu violacée. Un myosotis aurait fait pâle figure.

Sous les encouragements de l'équipe médical et des miens, elle renouvela l'opération une demi douzaine de fois.

 

De mon côté, ça devenait compliqué. La fatigue, la faim, et le partage de la douleur sur le plan psychologique m'avaient affecté. J'essayais de l'encourager au mieux, de la réconforter. Je regardais aussi où en était notre fille et je ne voyais qu'une partie du crâne. L'ensemble de la scène désorientaient tous mes sens sauf le goût. La vue n'était pas géniale, les odeurs horribles, les cris des deux côtés insupportables, sa main chaude et transpirante dans la mienne, le poids de son tronc sur mon bras qui l'aidait à se lever afin d'augmenter la force de la poussée. Tout ce stress me donna mal au ventre avec une envie pressante. Et pourtant, je ne voulais pas la quitter car c'est là qu'elle avait le plus besoin. Alors j'ai serré les fesses.

Je ne me sentais pas très bien, un coup de chaud. Mais rien qui présageait que je sois véritablement malade. Et puis, le docteur avance un chariot près d'elle. Elle retire l'espèces d'alaise qui recouvrait les instruments chirurgicaux. Elle saisit deux espèces de grandes cuillères métalliques, qui auraient pu être utiles pour retourner la viande sur un barbecue. Je me suis senti pâlir. Et comme un boucher (ou plutôt une bouchère), elle usa des forceps sans aucune préparation. La souffrance était à son paroxysme alors qu'il devait rester un peu de péridurale dans les veines. Après deux trois mouvements d'effet levier qui me parurent longs, la petite Rose était dégagée. Elle eut un premier petit cri et elle fut blottie contre sa maman quelques minutes. Un infirmier pendant ce temps explique qu'il va recoudre parce qu'il y a une petite déchirure. Evidemment ça aussi ça s'est fait dans la douleur.

Théoriquement, on laisse l'enfant la première heure en peau à peau. Elle resta une dizaine de minutes sur ma femme avant d'être prise par les sages-femmes qui lui ont administré un doliprane. Il faut dire qu'on aurait pu la confondre avec l'enfant de Balboa.

Quant à moi, j'ai eu la mauvaise idée dans mon état de pré-malaise de regarder ce que faisait l'infirmier. Un tuyau violacé pendait, il le sectionne, le sang fuse. C'était trop pour moi. KO par l'usure. On me demande de m'allonger avant de faire vraiment un malaise. Je patiente au sol culpabilisant de laisser Manon seule. J'ai attendu un peu, 3 minutes environ. Et je suis allé aux toilettes me libérer d'un mal de ventre. Je suis revenu pour la fin de la suture. L'accouchement était terminé.

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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 16:37

III - L'accouchement vécu par le père.

A - L'horreur.

 

Tout le monde semble d'accord pour attribuer à la mère une sorte de médaille morale pour l'épreuve qu'elle subit. Elle est amplement méritée. Ce n'est un tabou pour personne, l'accouchement, même s'il est davantage contrôlé aujourd'hui, reste physiquement d'une rare intensité.

Nous autres hommes, nous ne pouvons pas l'imaginer. D'ailleurs, cela a même donné matière à raillerie envers nous, qui ne pourrions pas accoucher puisque nous serions à l'agonie avec un simple rhume...

Je peux me tromper mais je soupçonne que pendant le pré-travail et le travail, la douleur physique est telle qu'elle ne laisse place à rien d'autre, si ce n'est un soulagement entre chaque contraction et l'espoir que ce soit la dernière.

 

Chez moi, l'accouchement a été le troisième événement le plus douloureux de ma petite vie. Une douleur non physique qui s''exprimait physiquement.

 

14 Novembre 2018. Comme tous les matins de semaine, je me lève et me prépare pour prendre le train car je bosse en région parisienne.

Je dis au revoir à ma femme qui se plaint de douleurs (elle se plaignait souvent de douleurs ces dernières semaines et la veille, elle avait consulté aux urgences. Après chaque consultation, depuis la première échos, les lendemains étaient toujours un peu douloureux). Je n'y ai pas vu de signe précurseur.

1h45 plus tard, j'arrive au bureau et je me mets à bosser normalement, je prépare malgré tout une feuille de congé au cas où ce serait pour aujourd'hui, sans grande conviction.

9H la réunion très importante que j'attendais depuis des semaines commence.

9H30 un SMS : la perte des eaux.

Je savais qu'entre ce moment et l'expulsion de notre squatteur, il y aurait au moins une dizaine d'heures. Mais ma place était auprès d'elle.

 

J'étais rassuré, durant le trajet du retour, j'appris que ma mère était avec elle et l'avait amenée à la maternité. Elle n'était pas seule.

 

Aparté : A un quart d'heure de mon arrivée ma mère me dit que sa belle-fille souffre le martyr et qu'elle a mal pour elle. Je connais ma mère et si elle est l'une des femmes les plus merveilleuses sur terre, à qui je pourrais demander n'importe quoi, c'est aussi une des seules à qui je ne demanderais pas d'être soutenu dans la douleur. Car me voir souffrir, la rendrait malade et elle souffrirait avec moi. Je verrai sa souffrance et je souffrirais qu'elle souffre de me voir souffrir ... Bref, j'étais loin d'imaginer ce qui m'attendait.

Mon père était là, en bas et m'attendait. Je me souviens des cours de préparation à l'accouchement, je m'oriente sans stress vers les locaux, je m'habille suivant le règlement et mon père m'indique la bonne chambre. Je tape et j'entre. Dans les yeux de ma mère un soulagement, dans les yeux de ma femme, je n'ai pas pu lire de sentiment accueillant ma venue.

Pourtant, habituellement en un regard, je sais si elle est triste, contente, ravie, soulagée. Mais là, à cet instant précis, rien que mon entrée provoqua. Tout ce que j'ai pu lire, c'est la douleur et la détresse. La même détresse qu'on peut voir dans les yeux d'un animal, à l'abattoir, qui sait sa fin proche. La même douleur qui dégarnit et torture l'âme de l'impuissant, face à un visage aimé qui s'altère, qui gonfle, qui se défigure, qui se déforme, s'écorche, et se distord. C'est ce visage du patient en phase terminale.

Lorsque ma mère ferma la porte, je me suis retrouvé seul et impuissant face à Manon, désolé de son état, avec une envie de lui demander pardon. Et puis, une seconde a suffit, une contraction revenait et je devais être là. Je la pris par la main pour tenter de l'accompagner, pleinement conscient que sur l'instant de la douleur, j'étais à la fois là et pas là pour elle. Absent car la douleur m'occultait mais présent psychologiquement.

Elle n'était pas seule. Je ne souffrais pas physiquement. Pourtant intérieurement, mon coeur battait si vite, mon estomac se nouait comme si j'étais celui qui était contraint de la torturer. Des cris, des injures, des larmes et elle s'asséchait. Le manque d'humanité aussi, pendant les premières heures, on se serait presque cru à Ales, trois ans plus tôt.

Le moment béni de la péridural arriva. Tant attendue, avec des effets prometteurs en quelques minutes, d'après ce que ma femme avait pu lire... Mais le sort en décida autrement, la souffrance se poursuivit deux heures de plus.

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 20:53

II - La paternité virtuelle

B - La pré-paternité : de la découverte de la grossesse à l'accouchement.

3 - Le reste de la grossesse.

Du quatrième au dernier mois, ce fut très certainement une métamorphose. Au petit soin pour un ventre. Pas n'importe lequel, celui qui portait l'enfant vers lequel je me suis obligé. Oui, je suis débiteur. C'est comme ça que je vois en partie ma paternité. On ne fait pas un enfant pour les autres mais on ne le fait pas pour soi non plus. Un enfant, ça ne nous appartient pas. Ce qui nous appartient c'est son apprentissage.

 

Débiteur donc, mais pas que. J'étais attentionné, je veillais à ce que la grossesse se passe le mieux possible, j'étais aussi très chiant en rappelant tous les jours les mêmes choses. Depuis le début, et même après l'épisode de l'accouchement, mon plus grand regret est le fait de ne pas avoir pu porter l'enfant. Car au final, c'est la mère qui a toujours le dernier mot. J'ai la chance d'avoir une femme qui m'a, non seulement, beaucoup écouté mais qui surtout était alignée avec pas mal de mes principes concernant la conception de l'enfant. Une grossesse avec une diversification alimentaire, avec des privations également d'ordre alimentaire, et avec une seule prise médicamenteuse.

 

Nous avons travaillé sur le choix des prénoms qui a une importance capitale pour l'enfant. Le prénom joue de nombreux rôles dans l'identité de l'enfant. C'est d'abord son identité, c'est ensuite un indicateur relativement fiable de la provenance sociale et donc du déterminisme social, bien que ce ne soit pas une fatalité.

L'herméneutique du prénom a également un rôle déterminant dans la vie. Le choix du prénom ce n'est pas seulement la rencontre des goûts des parents. Certes on ne saurait donner un prénom que l'on n'aime pas, cependant ce doit être avant tout une alchimie entre la préférence des parents, les intérêts de l'enfant, l'addition au nom, l'époque dans laquelle nous vivons et l'histoire personnelle qui entoure le prénom. Je n'appelle pas mon fils Victor juste parce que je suis fan de Newman et que maman aime le prénom...

 

La magie a également opéré pour moi. J'ai senti les premiers coups. J'ai donc commencé à dialoguer avec le fœtus. Je parlais et ça stimulait la vie en ma femme qui se manifestait par davantage de coups. Une phrase rituelle pour créer un stimulus.

Dans le dernier trimestre, j'ai lâché la bride et nous avons profité de l'été pour faire les achats. Mais, j'ai vraiment essayer de favoriser l'essentiel et de renoncer au compulsif.

 

J'ai également participé à l'ensemble des examens sauf le rendez-vous avec l'anesthésiste (10 min) et un rendez-vous hors programmation (pour être rassurée). Nous avons également suivi les cours de préparation à la naissance. Personnellement, je n'en retire pas un gros bénéfice si ce n'est être conforté dans ce que je pensais. Je voulais que nous apportions une éducation et une présence parentale la plus proche possible du règne animal. Encore une fois, je n'avais pas une femme réfractaire bien que tout ce à quoi je pensais n'a pas pu être mis en œuvre. Tout ces choix ont été discuté avant la naissance mais je ne vous en parlerai qu'après avoir relaté l'épisode de l'accouchement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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